En 1851, la France signa un traité commercial et d'amitié avec le chef de Porto-Novo, vassal du roi Glélé du Dahomey, qui régna de 1858 à 1889. En 1861, les Britanniques prirent au Dahomey la ville de Lagos (l'actuelle capitale du Nigeria). Par les traités de 1868 et de 1878, la région de Cotonou, située entre Ouidah, comptoir français, et Porto-Novo, fut cédée à la France. En 1883, le roi de Porto-Novo, souhaitant se protéger des visées expansionnistes du Dahomey, signa un traité de protectorat avec la France. Béhanzin, successeur de Glélé, tenta de reconquérir la région occupée par les Français mais, en 1892, il fut mis en déroute. Capturé en janvier 1894, le roi du Dahomey fut déporté en Martinique et les établissements français furent regroupés au sein de la colonie du Dahomey. Dans le Nord, le royaume bariba, qui avait atteint son apogée au XVIIIe siècle, avant de se heurter à l'expansionnisme du royaume nigérian d'Ilorin, opposa une vive résistance à la colonistion française.
En 1899, le Dahomey fut intégré à l'Afrique-Occidentale française (AOF). Ses frontières furent fixées en accord avec la Grande-Bretagne, établie au Nigeria, et l'Allemagne, présente au Togo. Durant l'entre-deux guerres, le Dahomey, où la scolarisation, grâce aux missions religieuses, était importante, notamment dans le Sud, fut l'un des principaux foyers politiques et intellectuels de l'AOF. De nombreux partis politiques furent fondés dès cette époque tandis que se développait une presse d'opposition au système colonial. Rallié à la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, le Dahomey devint, en 1946, un territoire français d'outremer, puis, en 1958, un État autonome au sein de la Communauté française. Le pays accéda à l'indépendance le 1er août 1960 et entra, le mois suivant, aux Nations unies.
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Depuis l'indépendance, le Bénin a connu une histoire politique mouvementée. Les douze premières années furent marquées par une instabilité chronique, les anciennes élites coloniales se disputant le pouvoir. En 1963, l'armée força Hubert Maga, premier président du Dahomey indépendant, à démissionner!; quatre coups d'État furent perpétrés durant les six années qui suivirent. En 1970, un Conseil présidentiel de trois membres prit le pouvoir, suspendit la constitution et ses membres assumèrent alternativement la présidence. En 1972, le commandant Mathieu Kérékou destituait le Conseil présidentiel et devenait le chef d'un État auquel il donna peu à peu une orientation marxiste-léniniste. En 1975, pour réduire le poids politique du Sud, le nom de Dahomey fut symboliquement abandonnée pour celui de Bénin, du nom du royaume qui s'était autrefois épanoui au Nigeria voisin. Une nouvelle Constitution, instaurant un régime à parti unique, fut promulguée en 1977. Les trois anciens présidents, emprisonnés en 1972, furent libérés en 1981.
Élu président par l'Assemblée nationale révolutionnaire en 1980, réélu en 1984, Kérékou échappa à trois tentatives de coup d'État en 1988. Durant les années 1980, la situation économique du Bénin n'avait cessé de se dégrader tandis que se durcissait la répression anti-démocratique. En 1987, un plan du FMI imposa des mesures drastiques : prélèvement supplémentaire de 10 p. 100 sur les salaires, gel des embauches, mises en retraites forcées. Un nouvel accord avec le FMI, en 1989, sur un programme d'ajustement des structures économiques, provoqua une grève massive des étudiants et des fonctionnaires, réclamant le paiement des salaires et des bourses. Les troubles sociaux et politiques conduisirent Kérékou à renonçer à l'idéologie marxiste-léniniste et à accepter l'instauration d'une Conférence nationale, réunissant les représentants des différents mouvements politiques.
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